Sherlock Holmes




2010
Réalisé par Guy Ritchie
Avec Robert Downey Jr., Jude Law, Mark Strong, Kelly Reilly, Rachel McAdams


Héros le plus adapté de l’histoire du cinéma, Sherlock Holmes revit une fois de plus sous les traits de Robert Downey Jr. dont la côte à Hollywood ne cesse de grimper depuis deux ans pour notre plus grand bonheur ; et qui plus est, sous la direction du génial British Guy Ritchie. Une seule chose à dire : let’s rock’n roll !

Wow ! C’est un sacré coup de jeune qu’il a pris le Sherlock ! On connait tous Holmes, détective privé résolvant les énigmes avec un air supérieur, avec son chapeau, sa pipe et sa réplique passée depuis à la postérité « Elémentaire mon cher Watson ». Et bien, oubliez le mythe, car Guy Ritchie nous a dépoussiéré tout ça. Robert Downey Jr. (que tout le monde connait comme « Mr Ironman ») joue ici un détective légèrement mélanco, cynique, coupé du monde par son génie et sa force de déduction, s’attirant ennuis et sympathie grâce un sens aigu de l'observation, une curiosité débordante et un coup droit des plus ravageurs. Il est épaulé par son cher Watson, alias Jude Law (préféré à Colin Farrell), acolyte distingué, médecin doué, ami et camarade de castagne. Tous deux vont avoir à faire à une enquête périlleuse dont les bases résident en l’opposition séculaire entre science et magie. Après une série de meurtres rituels ayant ensanglanté le cœur Londres, Holmes et Watson réussissent à intercepter le coupable : Lord Blackwood. Or, à l'approche de son exécution, ce sinistre adepte de la magie noire annonce qu'il reviendra du royaume des morts pour exercer la plus terrible des vengeances (Mouahahah !). La panique s'empare de la ville après l'apparente résurrection de Blackwood. Scotland Yard dépassée, Sherlock Holmes reprend du service…

« Sherlock Holmes » est un blockbuster qui, tout en jouant avec les points forts de ce genre de film (action, humour, etc.), se sort habilement des clichés du genre (héroïsme excessif, passion amoureuse, etc.). Ceci grâce notamment à la mise en scène. Maitrisée, efficace, esthétique : on reconnait l’empreinte de Guy Ritchie qui s’avère bel et bien être un de mes réalisateurs préférés. J’aime ces réalisateurs qui donnent une touche identifiable à leurs films, difficilement explicable. Ici, on retrouve ce style folklo et rock’n roll qu’il avait commencé à mettre en œuvre dans les désormais cultes « Arnaques, crimes et botanique » et « Snatch » (qui est un de mes films préférés comme certains le savent). Le réalisateur anglais retranscrit à merveille la complicité entre les deux acteurs principaux (autre gros point fort du film) très enjouée et moderne, qui contraste avec l’atmosphère sombre et lourde des décors et des effets spéciaux pour une superbe vision de l’Angleterre du XIXème siècle. L’intrigue est complexe. On sourit quand au final on réalise que Guy Ritchie a pris plaisir à nous montrer explicitement chaque détail anodin mais au combien important sans qu’on capte quoi que ce soit. N’est pas Sherlock Holmes qui veut ?! On retiendra aussi un humour vif, des dialogues à la fois drôles et percutants, un chien cobaye martyrisé et es seconds rôles soignés avec deux actrices qui j’aime énormément, tant pour leur beauté que pour les rôles qu’elles ont pu incarner. Kelly Reilly, l’anglaise craquante de Cédric Klapisch et Rachel McAdams, la brune angélique de « N’oublie jamais » ou « Serial Noceurs ».

Bref, « Sherlock Holmes » est un simplement TRES BON FILM, réussi avec Mention. Le succès prévisible de ce premier volet a sans doute donné des idées aux producteurs prêts à exploiter le filon. La fin du film laisse la porte ouverte à une suite déjà annoncée (« Sherlock Holmes sequel ») où le détective affrontera le dénommé Moriarty. Peu importe, si c’est aussi efficace, drôle et « Guy Ritchien » que celui-là, on ira le voir avec plaisir.

La princesse et la grenouille




2010
Réalisé par Ron Clements, John Musker
Avec les voix de China Moses, Alexis Tomassian, Liane Foly, Anthony Kavanagh


Et oui... Ça fait aussi parti des efforts d'un couple : aller au cinéma voir le dernier Disney, version 2D à l'ancienne, car sa copine est restée en enfance et connait tous les moindres Disney par cœur. Ça change d'"Avatar" ! Mais il ne faut pas voir là une critique ! Car c'est agréablement surpris que je me retrouve devant mon ordinateur, BO jazzy en fond, prêt à consacrer quelques minutes à ce joli film d'animation.


Pour un retour aux classiques en deux dimensions, les studios Disney ont sorti LE sujet de conte classique et universel : l’histoire de la princesse qui embrasse la grenouille pour que celle-ci se transforme en prince charmant. Brushing impeccable et sourire bright, ce dernier la prend alors dans son carrosse (pas d’allusion sexuelle s’il vous plait), tracté par de magnifiques chevaux blancs. Les oiseaux chantent. Le panneau « Just Married » s’éloigne. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Sauf que là, la princesse ne vit pas un beau château et la grenouille ne se transforme pas en prince charmant. C’est la princesse qui devient grenouille également. Beaucoup plus fun me direz-vous !

Le succès de ce dessin animé tient selon moi à l’atmosphère jazzy des quartiers pauvres de la Nouvelle Orléans des années 1920 et à, comme dans tous les Disney, l’humour et la personnalité de chaque personnage. Peut-être que l’enfant qui lira ces quelques lignes me dira « Mais po du tout, t’as rin compris ! C’est l‘histoire elle est bien ». Possible. Je sais simplement que ce qui l’a rendu supportable à mes yeux, c’est cette BO jazzy rendant hommage aux premiers jazzmen nés ici, à côté du bayou ; c’est cette plongée dans le monde merveilleux des batraciens (c’est fou ce qu’on peut faire quand on est une grenouille) ; c‘est le fait de voir une princesse noire et R’nB sur les bords ; c’est ce magicien vaudoo à la croisée entre Micheal Jackson, Prince et Jimi Hendrix ; c’est ce prince digne de Will Smith doublé par la voix de JD (Zach Braff dans Scrubs) ; c’est Anthony Kavanagh campant une luciole afro clodo à l’accent pas possible ; ce sont les clins d'œil aux classiques, de "Merlin l'enchanteur" au "Livre de la jungle".


D'un œil adulte qui aime retomber en enfance, on ne vibre quand même pas de la même manière qu'un enfant de 8 ans. Eux seront de vrais juges. Grands enfants, on ne vit juste l'histoire avec de petits sourires décrochés de temps en temps et un brin de nostalgie en repensant à Robin des bois, Rafiki, Simba, Alladin, Baloo et tous les autres. Le coup de crayon est toujours aussi fluide, même si cela semble être une parenthèse 2D dans le nouveau monde 3D. Un thème universel pour un style indémodable, le bon vieux dessin à la main, la nostalgie et la musicalité des pianos, trompettes et contrebasses : « La Princesse et la grenouille » est une aventure des plus traditionnelles, subtile mélange de simplicité et beauté, parfaite pour se laisser retomber en enfance un dimanche, un jour férié ou un jour de fête de fin d’année.

Avatar


2009
Réalisé par James Cameron
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Stephen Lang, Michelle Rodriguez, Giovanni Ribisi



C’est en 2005 que le buzz Avatar débute lorsque James Cameron se lance dans le très long tournage d'un film dont il a imaginé l'histoire et l'univers 15 ans auparavant. Avec une équipe de presque 1000 personnes, 500 millions de dollars de budget, plus de deux ans de tournage et autant de post-prod, Avatar taille hors catégorie. Il n’y avait qu’à espérer que le résultat soit à la hauteur. Et à mon avis, ça l’est ! Focus sur la « révolution bleue ».

Tout d’abord, je n’ai pas envie de polémiquer sur le scénario, qui est certes lisible comme dans un Disney (Pocahontas vous connaissez ?) ! Juste pour ceux qui ignorent encore de quoi ça parle, Avatar, c’est l’histoire des humains armés jusqu’aux dents qui en 2145 si ma mémoire est bonne débarquent sur la planète Pandora bien décidés à y extraire une nouvelle ressource minérale qui relancerait la crise énergétique sur Terre. Mais est-ce un clin d’œil, en tout cas Pandora ressemble fort pour les humains à une boite de Pandore, mythe aux milles dangers. L’atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, et c’est donc pour ça qu’ils ont créé le Programme Avatar, qui permet à des humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l'ADN humain avec celui des Na'vi, la population autochtone toute bleue, dont la princesse indienne n’est plus Pocahontas mais la sauvage Neytiri. Et dans la peau de John Smith, on retrouve le héros principal Jake Sully, ancien marine paralysé à qui on va confier une mission d'infiltration pour corrompre l’ennemi... La suite ? Suspense… !


Alors, d’emblée, je tiens à dire que si vous vous arrêtez là, au scénario, c’est que vous n’avez rien compris ! Les histoires les plus simples sont souvent les plus belles. Avatar est une sorte de fantasme, un projet extraordinaire, un film mystique et déjà mythique. Grace au concours des stars montantes Sam Worthington, Zoe Saldana et des valeurs sures Stephen Lang et Sigourney Weaver, James Cameron, à l’origine de Titanic, Terminator 1 et 2, réussit son pari et s’apprête à rentrer pour de bon dans l’Histoire avec un film qui restera comme le premier du genre. Car Avatar émerveille. Un film si technique et si simple à la fois. Aussi étrange que cela puisse paraitre, les effets spéciaux sont utilisés avec retenue et élégance dans ce sens où ils n’assaillent pas l’écran mais ne sont là que pour servir une magnifique histoire d’amour qui est l’élément central du film. Amour entre les hommes (et les Na’vis pour le coup) mais également envers la richesse maternelle et nourricière de la nature. Les séquences dans la jungle de Pandora sont tout simplement MAGIQUES. Sorte d’Eden, de Nirvana, cette planète est pour nous, public, un Eldorado fait de fleurs luminescentes, d’iles flottantes, d’une faune sauvage mais fascinante, d’une beauté irréelle. Voilà aussi un point fort du film. La métaphore est belle pour nous rappeler de prendre soin de Dame Nature, de l’écouter, bien seule face à la nature autodestructrice de l’homme. C’est surement facile et terriblement d’actualité mais encore fallait-il le faire, et ce, avec une maitrise technique rare au service de la poésie. On se sent directement proche des Na’vis, bien plus humains que les hommes quasiment robotisés, le paradoxe est intéressant. Maîtrise, bonté, science-fiction, aventure, amour : tels sont les mots qui me viennent à l’esprit.


James Cameron est un réalisateur intelligent et visionnaire, qui sait mêler habillement technologie et sentiments pour offrir une fois de plus un très grand spectacle. Comme le disait je ne sais plus quel critique, Avatar est « la synthèse terminale de l'esthétique numérique et du cinéma classique ». Film grandiose et produits dérivés, Avatar est bel et bien prêt pour s’inscrire dans le temps sous la forme d’une trilogie parait-il, qui ne peut que rappeler l’allégresse créée en son temps par une certaine Guerre des Etoiles… Donc pour conclure : Avatar est une expérience révolutionnaire qui s’annonce comme un évènement marquant dans l’Histoire du cinéma, l’ouverture à un genre nouveau. C’est un film à voir en salle, lunettes 3D sur les yeux, pour prouver, comme s’il le fallait encore, que le cinéma n’est pas un simple amas de films, mais bel et bien un lieu d’expérience et d’art unique où il n’y a que là qu’on peut ressentir des sensations magiques telles que Cameron le rêveur nous propose. On en redemande.


Mesrine : L'Instinct de mort / Mesrine : L'Ennemi public n°1


2008
de Jean-Francois Richet
avec Vincent Cassel, Cécile de France, Ludivine Sagnier, Gérard Depardieu, Gilles Lelouche, Mathieu Amalric, …

Une seule critique pour un projet longtemps repoussé : la vie de Jacques Mesrine. Elle prend enfin forme au cinéma dans un diptyque noir, tortueux et extrêmement réaliste. Deux films pour retracer ce destin incroyable. Faites entrer l’accusé, j’ouvre le dossier.



Toujours considéré à l'heure actuelle comme le dernier grand hors-la-loi, la France des années 70 se souvient de Jacques Mesrine pour ses braquages, ses enlèvements, ses joutes verbales avec la justice, et ses évasions multiples. Mais plus que les faits, c’est avant tout sa personnalité qui fascine et qui donne toute sa puissance au biopic. D’un côté, il y a Docteur Jacques : homme loyal, de parole, révolté contre la société, désireux de vivre et de ne pas se faire mater par les mœurs, hédoniste, amoureux, humaniste, aimant la vie et les gens. Et de l’autre, il y a Mister Mesrine : homme imbu de sa personne, charismatique et audacieux, à la recherche de gloire et d'argent, tueur raciste, machiste, beauf, sans limite. Une double personnalité qui dérange tout autant qu’elle fascine, un homme violent de nature torturé par des démons intérieurs : tel était Mesrine.


Et pour incarner ce bad guy qui brave la loi et l'ordre, qui d’autre que Vincent Cassel ?! Personne ne semblait à la hauteur de cet homme, si ce n’est lui (à l’époque des premiers projets, c’est Bebel qui avait été contacté). Energique, séducteur, sombre : une évidence. Car Cassel a fait ses preuves (« La Haine », « Blueberry », « Les Promesses de l'ombre », « Sheitan », « Irréversible », « Le pacte des loups »). Même s'il avoue avoir pris beaucoup de recul pour ne pas se "perdre" dans son personnage, le fait est que Vincent Cassel incarne véritablement Jacques Mesrine, et sa prise de poids (20 kilos) est impressionnante. La récompense aux Césars n’en est qu’une juste récompense. A ses côtés, un casting haut de gamme est habilement réparti sur les deux volets du diptyque. Citons à la volée Elena Anaya, Cécile de France, Ludivine Sagnier, Olivier Gourmet, Gérard Depardieu, Gilles Lelouche, Roy Dupuis, Mathieu Amalric, Samuel Le Bihan et Gérard Lanvin... Des choix clinquants mais efficaces, dirigés de main de maitre par un réalisateur inspiré, sobre, qui respecte à merveille les codes du genre.


Cela donne lieu à des scènes et des dialogues extraordinaires entre Cassel et ses camarades. Les deux volets sont d’une intensité troublante. Mêlant action et dramaturgie, ils nous délivrent les bribes d’une vie épique. Bien documentés, nerveux, soignés, ils nous accrochent à l'homme et au gangster, à sa complexité. On y voit un humain monstrueux (jolie oxymore clem !), tout est fait pour éviter de le rendre héroïque. Si l’on ressent parfois de l’empathie à son sujet, le film nous rappelle sa haine et sa violence gratuite.
Un seul film aurait été trop court pour raconter un tel destin. Le choix d’un diptyque s’imposait logiquement. Alors que le premier volet pose les bases de la légende Mesrine, le second permet à tous ceux comme moi qui n’ont pas vécu à son époque, de mieux prendre la mesure politique, médiatique et historique de l’homme. Le récit prend le temps d’installer le personnage. On comprend comment le jeune homme revenu d'Algérie, méprisant son père, se fait enrôler dans la petite mafia parisienne et commence avec cran à se faire un nom. De l'Algérie au Canada, en passant par l'Espagne, l'Angleterre, la France bien sur et les Etats-Unis, on le suit dans ses aventures musclées et haletantes : Bravo !


Voilà, je ne voulais pas traiter ces deux films séparément mais plutôt revenir sur le diptyque et sur une vie hors du commun. Langmann, Dafri, Richet et Cassel réussissent leur pari. Tout s’imbrique à merveille pour révéler la part d'ombre et de lumière : le salaud cruel et l'homme qu'on admire. Je peux donc l’affirmer en conclusion : ce biopic est une nouvelle référence de très très bonne facture dans les films de gangsters à la française. Ca fait énormément plaisir !


American History X



1999
Réalisé par Tony Kaye
Avec Edward Norton, Edward Furlong


L’année 1999 fut riche en aventures pour Edward Norton. Quelques mois avant la sortie de « Fight Club », ce dernier crevait déjà l’écran dans un autre film devenu également culte : « American History X ».

A travers l'histoire d'une famille américaine modeste, ce film traite de l'origine du racisme et de l'extrémisme aux Etats-Unis. Edward Norton confirme son statut de star montante et incarne à merveille Derek, un skinhead désireux de venger la mort de son père, abattu par un dealer noir. Armé d’intimes convictions, il ira jusqu’à commettre l’irréparable et connaitra la prison pour un double meurtre. Trois ans plus tard, idolâtré par certains, détesté par d’autres, il ressort changé. Désormais, il part en quête de rédemption, prêt à tout pour sauver son jeune frère, Danny, de la spirale de la haine que lui-même a connu.

Whow ! Ce film fait toujours autant d’effet à chaque fois qu’on le regarde. La puissance des longs dialogues laisse perplexe et pensif : certes le thème est racoleur et les propos choquent ; mais il y a du vrai, et on comprend que certains aient été influencés par cette doctrine d’extrême droite. « American History X » est un vrai bon film de cinéma, qui dérange et fait réfléchir, qui nous interpelle sur les mœurs, sur l’ordre moral, le libéralisme, la haine raciale et l’intolérance. La distribution est impeccable : l’équilibre des rôles entre les deux Edward se fait sans soucis. Furlong joue encore à merveille avec sa gueule de rejeton-post « Termiator 2 » ! Au niveau de la mise en scène, le décalage n&b/couleur sensé accentuer la contraste passé/présent vient étrangement renforcer les quelques passages en slow-motion d’une rare intensité. Comme quoi… Facilité rime parfois avec efficacité. Tout comme la fin que certains trouveront prévisible.

Peu importe, je trouve aussi particulièrement bien mené le simple fait de se focaliser sur un destin de vie, ce qui rend le drame social encore plus puissant qu’une simple fiction à visée quasi-documentaire. Ici, on s’immerge dans les méandres d’une famille et de son fils ainé, façonné par son père et modèle pour son frère. La force du film est là, lorsque le réalisateur arrive à créer chez le spectateur, au sein des scènes chocs et des discours engagés, cette empathie étrange avec le héros principal.

Le film se veut à la fois esthétique, sociologique et moralisateur. Parmi ces trois axes, chacun est libre de choisir la vision qui l’intéresse. Si j dois parler de l’ensemble ici, je dirais qu’ « American History X » est un film à connaitre, un film entré dans la culture cinématographique. Il fallait oser traiter cette « vague néo-nazie naissante sur le sol américain ». A l’image du thème qu’il illustre, le film est violent ; et les images frappent fort. L’histoire est poignante. Aujourd’hui, place à l’Amérique d’Obama ; mais je suis convaincu que le débat posé par le film est toujours présent… Je m’arrête là, à vous de prendre le relai. Bon film et bon débat.


Les Noces rebelles


2009
Réalisé par Sam Mendes
Avec Kate Winslet, Leonardo DiCaprio


Un des couples chéris du cinéma : Leo et Kate. Ils n’avaient plus joué ensemble depuis « Titanic ». Sam Mendes leur offre avec ses « Noces rebelles » des retrouvailles complexes mais extraordinaires. Focus.


Ce film traite avec brio le thème difficile de ce que j’appellerais la crise de la trentaine, avec son lot de questions existentielles. Marié(e), deux enfants, une petite maison cosy en banlieue, un job médiocre, un quotidien routinier qui amène à s’interroger : Quand est-ce que j’ai raté ma chance ? Comment ai-je pu mettre les idéaux de ma jeunesse pour m’enfermer dans une vie dont je sais au fond de moi que je ne veux pas ? Que faire lorsqu’on réalise que son couple, que l’on croyait différent des autres, ne l’est finalement pas ? Dur dur !


C’est après une prise de conscience de la sorte que Frank et April Wheeler vont vouloir « bouléguer » tout ça ! Eux qui se considèrent comme des êtres à part, des gens spéciaux, sont devenus, malgré leur charme et leur insolence, le modèle type de ce qu'ils ne voulaient pas : un homme coincé dans un emploi sans intérêt et une ménagère qui rêve de passion et d'une existence trépidante. Décidée à changer de vie, April imagine un plan audacieux pour tout recommencer et aller vivre à Paris... Est-ce alors parler d’illusion ou d’un rêve enfin réalisable ? Tel est l’enjeu de ce film poignant.


« Les Noces rebelles » est une histoire forte qui délivre un message intergénérationnel qui résonne en chacun de nous. La vie que l’on a ressemble-t-elle vraiment à celle qu’on voulait ? Et si ce n’est pas le cas, doit-on se faire une raison ?

Aussi, je ne saurais expliquer si cela est du au talent ou à de bons souvenirs, onze ans après « Titanic » (surement les deux), mais j’ai été bluffé par la complicité, la puissance, le dynamisme, la passion avec lesquelles les deux comédiens jouent ce couple pris au piège de règles imaginaires fixées par les contraintes sociales. On sent le feu qui les a nourri mais qui les dévore, on les sent amoureux mais incapables de supporter cette vie ensemble. Leurs engueulades sont d’une violence et d’une justesse inouïe. Ça ne peut que nous toucher de voir ce couple au plus profonds de ses tourments. Respect à vous deux, vous êtes sensationnels. J’aime beaucoup ce que dit le réalisateur à ce sujet : « Les sentiments que l'on éprouve devant l'histoire de Frank et d'April deviennent aussi conflictuels et mystérieux que ce qu'on ressent envers les rapports humains et la vie en général ». Exact. La vie est trop courte pour la passer à faire quelque chose qu’on ne désire pas au fond de soi. Comment son couple est-il devenu si vulnérable ? Comment répartir les rôles homme-femme ? Comment concilier famille, travail et idéaux profonds ?
Que de questions ! Mais tant mieux, car j'ai pour cela que j'aime le cinéma.

Voilà. Chaque génération vit une crise existentielle, tous les dix ans apparemment. Après la vingtaine incapable de faire son « Into the wild », bienvenus dans la trentaine ! Si vous aussi, vous avez envie de passer une soirée à cogiter, ce film est une merveille.


L'Armée des 12 singes



1995
de Terry Gilliam
avec Bruce Willis, Madeleine Stowe, Brad Pitt

En attendant l’arrivée prochaine sur nos écrans de ce cher Docteur Parnassus dont j’attends beaucoup, petit retour sur un des films de « l’américain des Monty Python » que j’apprécie particulièrement (avec « Brazil » aussi) : « L’Armée des 12 singes ».


Donc, topo : Année 2035. Après la propagation d’un virus mortel (cinq milliards de victimes), la surface du globe n’est peuplée que d’animaux et de végétaux. Les quelques humains ayant survécus sont contraints de vivre sous terre. Des scientifiques mettent alors en place plusieurs voyages dans le temps dans le but de découvrir les causes de la catastrophe et la prévenir. En cause, une dénommée Armée des 12 singes. Un prisonnier, James Cole (Bruce Willis) est désigné et accepte de retourner dans le passé. Cette mission sera pour lui le moyen de peut-être trouver la clé et par la même occasion le moyen d’élucider un rêve incompréhensible qui l’obsède depuis plusieurs années.

Voilà, le contexte est posé. Adapté d’un court-métrage intitulé « La Jetée », ce film nous plonge dans les méandres du temps et de l’esprit. Difficile à suivre mais tellement prenant. Projeté dans le passé, James Cole est pris pour un fou annonçant l’Apocalypse. En tant que spectateur, on devient fou également à force d’essayer de reconstruire ce puzzle dont les pièces nous manquent. Les méninges travaillent, il faut être attentif à chaque détail. On suit la mission de ce prisonnier selon les époques, et on découvre les clés de l’intrigue lentement. Il faut toute sa concentration pour suivre cette énigme.
On connait le réalisateur pour la capacité à faire passer des messages dans ses films ; et à dénoncer par le fantastique les mœurs de la société actuelles. « L’Armée des 12 singes » ne déroge pas à la règle et tout ça passe à merveille car cela est traité sous thème de la folie. Leitmotiv omniprésent, Terry Gilliam le retranscrit à merveille. La folie par opposition à la raison est marginalisée. Que ce soit par le jeu des acteurs (je me répète sans doute mais Brad Pitt est tellement génial quand il joue des allumés !), que ce soit par l’atmosphère gris-orangé pesant, que ce soit par des mouvements de caméra psychédéliques et des angles de prise de vue dérangés : tout est mis en œuvre pour perturber le cadre spatio-temporel. On suit la moindre piste avec le héros. Parfois cela mène nulle part ; parfois non. Comme lui, on perd la tête, si tout cela est bien vrai. On ne sait plus si l’on a compris ou non. Il faut attendre la toute fin pour avoir la solution. Gilliam tel un chef d’orchestre gère sa partition et déroule son art avec aisance. Génial !

Avant de conclure, et comme à chaque fois que je le vois, je ne peux m’empêcher de faire partager une idée qui me perturbe par rapport au film. Ce n’est qu’une remarque parmi tant d’autres (car il y aurait beaucoup à dire) mais dites-moi si je e suis pas fou ! Je pense que l’histoire est amenée à se répéter sans cesse, en boucle vu qu’à chaque fois, l’enfant grandira, l’épidémie aura lieu et sera envoyé dans le passé… Et ainsi de suite, un éternel recommencent. J’aimerais développer davantage mais je ne veux rien révéler à ceux qui ne l’ont pas encore vu. Donc j’espère que les autres, vous m’auraient compris. Allez-y, le débat est ouvert.

« L’Armée des 12 singes » : un classique de la science-fiction, un de mes films préférés. A voir obligatoirement !