Les promesses de l'ombre


2007
Réalisé par David Cronenberg
Avec Viggo Mortensen, Naomi Watts, Vincent Cassel

La nouvelle collaboration David Cronenberg-Viggo Mortensen vient de débarquer sur les écrans et c’est du lourd ! Dans un style différent et peut-être plus abouti que pour "A History of violence", Cronenberg arrive à diriger de main de maitre le grand Viggo Mortensen, qui sur un plan personnel a très bien réussi à gérer sa carrière post-Seigneur des anneaux. Il arrive bien à se décoller de son image « Aragorn », et ceci grâce des prestations époustouflantes comme c’est le cas ici !

Comment décrire ce chef-d’œuvre (Oui ! J’ai envie d’employer ce terme !) ? : Londres, la mafia russe, une famille divisée, une prostituée morte laissant un bébé illégitime, un journal intime, une sage-femme un peu trop curieuse, un chauffeur intriguant, des tatouages, des meurtres horribles, des trahisons : un bon film de gangsters comme on en demande ! Et ça fait plaisir car ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu une histoire de ce genre là. Un futur classique. Naomi Watt est fidèle à elle-même, Vincent Cassel m’a agréablement surpris avec son accent russe (bien entendu, je précise que ce film est à voir uniquement en VO et rien d’autre !). Et puis que dire de Viggo Mortensen ?! Tout bonnement EXCELLENT ! Avis aux amis de Tony Montana et consorts, un nouveau bad guy de grande classe vient d'arriver ! Charismatique, fascinant, séducteur, incarnant le Maln le bon méchant, toujours plus classe que le Bien : veuillez accueuillir Nikolai Luzhin !! On le découvre dans une mafia louche, sombre, qui fait peu de bruit mais qui frappe très fort, de façon méticuleuse et douloureuse à la fois (la scène dans le sauna est incroyable de réaliste et de violence). Il nous embarque dans un monde étrange où le silence et la fidélité sont des valeurs de base, les codes évoqués lors des quelques scènes de tatouages permettent aisément de comprendre qu’il ne faut pas rigoler avec ce genre d’énergumènes. La société n’existe plus, la famille est la société ! La mise en scène est parfaite au sens où elle ne pénalise pas le récit et en même temps, elle laisse de la place aux acteurs pour porter l’histoire. C’est soft, sans artifices. Ca sent le vrai et c’est ce qui peut terrifier davantage le public qui est là, spectateur d’un monde normalement interdit d’accès. Bravo Mr Cronenberg !

Tout est bien léché ! Le résultat en est criant de réalisme. L’univers lumineux est sobre, teinté de rouge, de noir, d’or. On s’immisce discrètement dans l’ombre de ces hommes pour qui a morale est à la base de leur identité russe (même si l’action se passe à Londres). Pour une fois ça change des mafias italiennes ! Il y a vraiment tout dans ce film, même un peu de relations amoureuses. En plus de l’intrigue centrale, j’ai particulièrement aimé la façon dont est traitée au sein de la famille une tension liée à cette « charte morale » si l’on peut dire. La famille est en effet divisée par une rivalité entre les deux fils, l'un biologique, l'autre adopté, pour la succession du père. Je ne vous en dis pas plus. En tout cas, les personnages sont tous placés au moins une fois face à un cas de conscience. Les choix à faire sont durs. Rien n’est libre, ni gratuit. Les pactes, les promesses faites : tout, absolument tout est et va devenir culte.

Selon moi, je me répète mais il n’y a pas photo : "Les Promesses de l’ombre" est d’ores-et-déjà gagné sa place au côté des plus grands films de gangsters. C’est limpide, intense, complexe, humain, poignant. Le sujet est grave. Je suis sous le charme ! Et vous ?


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