
2006
Réalisé par Guillermo Del Toro
Ivana Baquero, Sergi Lopez, Doug Jones, Maribel Verdu
A la croisée des chemins entre le film engagé pour adulte et le conte pour enfant, "Le labyrinthe de Pan" est un « bijou » de créativité et de conte de fée pour adulte.
L’action se passe en Espagne à la fin de la seconde guerre mondiale. La jeune Ofélia accompagne sa mère rejoindre son père, Vidal, capitaine de l'armée franquiste, retirée dans un petit village pour traquer les résistants cachés en forêt. Le quotidien est terne et le fillette s’occupe comme elle peut. Elle part ainsi explorer tout naturellement les bois ; et y découvre alors un mystérieux labyrinthe gardé par Pan, une étrange créature qui l’interpelle. Il lui avoue qu’elle serait en fait la princesse d’un royaume secret... Mais pour accéder à ce monde et exaucer la prophétie, la fillette va devoir mener quelques « missions » tout en s’occupant de sa mère fortement malade ; et ceci ne sera pas une tache facile…
La force de l’histoire est d’arriver à toucher une sensibilité « adulte » si l’on peut dire par le biais de l’aventure que vit l’enfant. Cette dernière se voit princesse d’un monde incroyable qu’elle s’invente dans des lieux pourtant bien réels. Elle trouve ainsi la force d’échapper à son quotidien fait de souffrance, de cris et de guerre par l’immersion dans son monde intérieur qui parait pourtant bien palpable, réel, tangible. Je trouve qu’il y a une poésie sublime dans l’histoire. Le spectateur voyage en permanence entre magie et horreur. On a l’impression d’être privilégié et de pouvoir accompagner la fillette dans son monde intérieur, tout en percevant à côté la violence de la vie d’adultes et des problèmes qui la dépasse. Le spectateur se place ainsi inconsciemment du point de vue de l’enfant mais garde une conscience adulte. Il n’en est que plus choqué par le réalisme de scènes gores et insoutenables pour les âmes sensibles (la scène des points de sutures par exemple !). Dans cette logique, on peut constater qu’il n’y a pas de grand « monstre » pour l’enfant (son monde est magique). Le rôle du grand méchant loup revient en quelque sorte au capitaine Vidal, et par extension à l’armée franquiste et au nazisme. Ce sont les seuls concepts capables de légitimer tant de violence et de peur : on est bel et bien dans l’idée du conte de fée pour adulte. D’un côté l’innocence et l’imaginaire heureux de l’enfance, de l’autre la monstruosité réelle de la guerre et du capitaine Vidal. Petite parenthèse : Vidal est incarné par un Sergi Lopez impeccable, à un point tel qu’on pourrait presque le trouver humain et accessible lorsqu’il se met à écouter un vinyle devant le berceau de son fils, alors qu’il vient de torturer un homme juste auparavant ! Vous cernez l’idée et sa prestation d’acteur ?!
En tout cas, "Le Labyrinthe de Pan" est une fable sublime, avec un univers fantastiquement crédible. Sans vous dévoiler la fin, j’espère juste vous avoir fait comprendre qu’on passe en permanence de l’émerveillement et de la magie à l’horreur et au dégout de la violence. Attention parfois aux âmes sensibles, attendez-vous à rencontrer une fée puis d’un coup à voir le sang gicler ! En tout cas, soyez prêts à voyager dans cette aventure incroyable et inhabituelle…J’attends vos réactions.
Réalisé par Guillermo Del Toro
Ivana Baquero, Sergi Lopez, Doug Jones, Maribel Verdu
A la croisée des chemins entre le film engagé pour adulte et le conte pour enfant, "Le labyrinthe de Pan" est un « bijou » de créativité et de conte de fée pour adulte.
L’action se passe en Espagne à la fin de la seconde guerre mondiale. La jeune Ofélia accompagne sa mère rejoindre son père, Vidal, capitaine de l'armée franquiste, retirée dans un petit village pour traquer les résistants cachés en forêt. Le quotidien est terne et le fillette s’occupe comme elle peut. Elle part ainsi explorer tout naturellement les bois ; et y découvre alors un mystérieux labyrinthe gardé par Pan, une étrange créature qui l’interpelle. Il lui avoue qu’elle serait en fait la princesse d’un royaume secret... Mais pour accéder à ce monde et exaucer la prophétie, la fillette va devoir mener quelques « missions » tout en s’occupant de sa mère fortement malade ; et ceci ne sera pas une tache facile…
La force de l’histoire est d’arriver à toucher une sensibilité « adulte » si l’on peut dire par le biais de l’aventure que vit l’enfant. Cette dernière se voit princesse d’un monde incroyable qu’elle s’invente dans des lieux pourtant bien réels. Elle trouve ainsi la force d’échapper à son quotidien fait de souffrance, de cris et de guerre par l’immersion dans son monde intérieur qui parait pourtant bien palpable, réel, tangible. Je trouve qu’il y a une poésie sublime dans l’histoire. Le spectateur voyage en permanence entre magie et horreur. On a l’impression d’être privilégié et de pouvoir accompagner la fillette dans son monde intérieur, tout en percevant à côté la violence de la vie d’adultes et des problèmes qui la dépasse. Le spectateur se place ainsi inconsciemment du point de vue de l’enfant mais garde une conscience adulte. Il n’en est que plus choqué par le réalisme de scènes gores et insoutenables pour les âmes sensibles (la scène des points de sutures par exemple !). Dans cette logique, on peut constater qu’il n’y a pas de grand « monstre » pour l’enfant (son monde est magique). Le rôle du grand méchant loup revient en quelque sorte au capitaine Vidal, et par extension à l’armée franquiste et au nazisme. Ce sont les seuls concepts capables de légitimer tant de violence et de peur : on est bel et bien dans l’idée du conte de fée pour adulte. D’un côté l’innocence et l’imaginaire heureux de l’enfance, de l’autre la monstruosité réelle de la guerre et du capitaine Vidal. Petite parenthèse : Vidal est incarné par un Sergi Lopez impeccable, à un point tel qu’on pourrait presque le trouver humain et accessible lorsqu’il se met à écouter un vinyle devant le berceau de son fils, alors qu’il vient de torturer un homme juste auparavant ! Vous cernez l’idée et sa prestation d’acteur ?!
En tout cas, "Le Labyrinthe de Pan" est une fable sublime, avec un univers fantastiquement crédible. Sans vous dévoiler la fin, j’espère juste vous avoir fait comprendre qu’on passe en permanence de l’émerveillement et de la magie à l’horreur et au dégout de la violence. Attention parfois aux âmes sensibles, attendez-vous à rencontrer une fée puis d’un coup à voir le sang gicler ! En tout cas, soyez prêts à voyager dans cette aventure incroyable et inhabituelle…J’attends vos réactions.
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