
2000
Réalisé par Sofia Coppola
Avec Kirsten Dunst, James Woods, Kathleen Turner, Josh Hartnett
Un cadre paisible, un quartier américain, tranquille et puritain, les seventies, la chaleur sereine de la mélodie s’estompe progressivement, une sirène de pompier prend le dessus. Hop, on bascule dans une salle de bain froide, aux teintes bleutées. Une jeune fille est en sang dans son bain : voilà, "Virgin Suicides" commence !
Cette jeune fille c’est Cecilia, treize ans, cadette de la famille Lisbon, qui tente de se suicider. Cécilia a quatre sœurs, de jolies adolescentes blondes, une mère oppressante et possessive, et un père professeur dépassé mais au cœur tendre. Petit à petit, la famille se referme sur elle-même, encore plus qu’elle ne pouvait l’être déjà. Sèchement privées de sorties après un petit dérapage, les filles n’ont alors d’autres échappatoires pour essayer de s’extirper de cette situation bloquée, que de trouver tant bien que mal de l’aide au près des garçons du voisinage.
C’est d’ailleurs par eux que l’histoire des sœurs Lisbon nous est relatée. Ce sont leurs souvenirs communs et leurs tentatives pour entrer « dans peau d'une fille » qui nous permettent de percevoir la vie de ces sœurs énigmatiques, qui finissent par obséder les esprits. Rapidement, une voix-off (celle de Giovanni Ribisi en VO) nous aborde et nous raconte avec une mélancolie déroutante le destin tragique de ces jeunes filles. Elle nous dérobe même le suspense en expliquant que Cécilia ne sera que la première à se retirer la vie. Pourquoi ? Pourquoi tant de gratuité ? Pourquoi tuer le suspense ? Peut-être pour nous rappeler que la lutte est sans espoir et que le film n’est là que pour dépeindre avec un cynisme puissant le mal-être de la vie adolescente. Pour prendre ce recul, le film joue un peu sur le côté cliché qui nous plonge dans l’esprit de ces jeunes filles remplies d’idéaux face à l’amour. Josh Arnett, beau gosse tout juste sorti de la puberté s'assumant à 200%, permet de décrocher quelques sourires sur le visage du spectateur. Néanmoins, on attend froidement le dénouement en les regardant apprendre à sortir, à vivre leur jeunesse, gênée par les premiers flirts, les premières déceptions qui vont avec, les premières grandes punitions, les infractions ! Les grandes ellipses sont parfois brutales. Quelques rêves fantasmés viennent apporter encore davantage de sens tragique. Les sifflements envoutants de la musique appuient la fragilité ambiante qui plane sur le quotidien de ces jeunes filles. On sent même une retenue dans la façon de filmer, avec une prise de distance comme si l’intimité des jeunes filles devait rester mystérieuse.
Sofia Coppola signe là son premier long-métrage, un récit unique sur le mal de vivre indescriptible et cruel de l’adolescence. "Virgin Suicides" est un film à la fois noir mais lumineux, enivrant, parfois même léger. Au final : une histoire à l’ambiance assez mélancolique qui touchera tout le monde je pense. Un classique à connaître.
Réalisé par Sofia Coppola
Avec Kirsten Dunst, James Woods, Kathleen Turner, Josh Hartnett
Un cadre paisible, un quartier américain, tranquille et puritain, les seventies, la chaleur sereine de la mélodie s’estompe progressivement, une sirène de pompier prend le dessus. Hop, on bascule dans une salle de bain froide, aux teintes bleutées. Une jeune fille est en sang dans son bain : voilà, "Virgin Suicides" commence !
Cette jeune fille c’est Cecilia, treize ans, cadette de la famille Lisbon, qui tente de se suicider. Cécilia a quatre sœurs, de jolies adolescentes blondes, une mère oppressante et possessive, et un père professeur dépassé mais au cœur tendre. Petit à petit, la famille se referme sur elle-même, encore plus qu’elle ne pouvait l’être déjà. Sèchement privées de sorties après un petit dérapage, les filles n’ont alors d’autres échappatoires pour essayer de s’extirper de cette situation bloquée, que de trouver tant bien que mal de l’aide au près des garçons du voisinage.
C’est d’ailleurs par eux que l’histoire des sœurs Lisbon nous est relatée. Ce sont leurs souvenirs communs et leurs tentatives pour entrer « dans peau d'une fille » qui nous permettent de percevoir la vie de ces sœurs énigmatiques, qui finissent par obséder les esprits. Rapidement, une voix-off (celle de Giovanni Ribisi en VO) nous aborde et nous raconte avec une mélancolie déroutante le destin tragique de ces jeunes filles. Elle nous dérobe même le suspense en expliquant que Cécilia ne sera que la première à se retirer la vie. Pourquoi ? Pourquoi tant de gratuité ? Pourquoi tuer le suspense ? Peut-être pour nous rappeler que la lutte est sans espoir et que le film n’est là que pour dépeindre avec un cynisme puissant le mal-être de la vie adolescente. Pour prendre ce recul, le film joue un peu sur le côté cliché qui nous plonge dans l’esprit de ces jeunes filles remplies d’idéaux face à l’amour. Josh Arnett, beau gosse tout juste sorti de la puberté s'assumant à 200%, permet de décrocher quelques sourires sur le visage du spectateur. Néanmoins, on attend froidement le dénouement en les regardant apprendre à sortir, à vivre leur jeunesse, gênée par les premiers flirts, les premières déceptions qui vont avec, les premières grandes punitions, les infractions ! Les grandes ellipses sont parfois brutales. Quelques rêves fantasmés viennent apporter encore davantage de sens tragique. Les sifflements envoutants de la musique appuient la fragilité ambiante qui plane sur le quotidien de ces jeunes filles. On sent même une retenue dans la façon de filmer, avec une prise de distance comme si l’intimité des jeunes filles devait rester mystérieuse.
Sofia Coppola signe là son premier long-métrage, un récit unique sur le mal de vivre indescriptible et cruel de l’adolescence. "Virgin Suicides" est un film à la fois noir mais lumineux, enivrant, parfois même léger. Au final : une histoire à l’ambiance assez mélancolique qui touchera tout le monde je pense. Un classique à connaître.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire