
2009
Réalisé par Steven Soderbergh
Avec Benicio Del Toro, Demian Bichir, Santiago Cabrera
Ayant les deux films en une seule et magique soirée, je vais tout de même tenter ici d’en parler séparément. Mais que dire ? Comment organiser sa pensée ? Car il y aurait tellement de choses à écrire sur l’homme avant même de parler du film.
Un peu d’histoire tout d’abord. En 1952, par un putsch, Batista s'empare du pouvoir à Cuba. Face à lui, un jeune avocat nommé Fidel Castro tente de passer à l’action pour provoquer un soulèvement populaire. L'opération échoue. Castro passe deux ans en prison. Amnistié en 1955, il s'exile à Mexico. C’est là-bas, dans un sordide appartement, que le 13 juillet 1955, il rencontre par le biais de son frère, un jeune Argentin idéaliste nommé Ernesto Guevara, qui s’est distingué pour s’être politiquement engagé avec un groupuscule révolutionnaire cubain. La rencontre discrète, mais historique, car on connait la suite. Ce soir là, le Che (c’est comme ça que les Cubains surnommeront cet Argentin) se voit confier une opération de guérilla en vue de renverser Batista. De son côté, Castro embarque pour Cuba avec 80 rebelles. Mais après l’échec de l'offensive, ceux qui ont pu s’en échapper (seulement douze hommes) se réfugient dans la Sierra Maestra et déclarent solennellement la "guerre totale" à Batista. La résistance s'intensifie et gagne toute l'île. Jusqu’au 1er janvier 1959 : les rebelles célèbrent leur victoire à Santa Clara, le dictateur s'enfuit.
Le premier volet se termine sur cette victoire incroyable. On est ému, sous le choc. La réalité des faits et de leur adaptation à l’écran laissent admirateur. On vient de revivre la révolution cubaine avec le Che. C’est lui, vraiment. Benicio del Toro est tout simplement extraordinaire. Il n’incarne pas, il est le Che. C’est tout justement qu’il a reçu pour sa performance le Prix de la Meilleure interprétation masculine au Festival de Cannes 2008. Au-delà des scènes de guérilla, le film puise toute sa force et sa crédibilité dans les instants de vie. Les crises d’asthme de Guevara font mal au cœur et aux poumons. On souffre avec lui tant l’ambiance sauvage de la jungle nous oppresse. Le tournage avec de la lumière naturelle augment cette impression. C’est fort, très fort. Entrecoupé par quelques scènes illustrant le voyage du Che à New-York en 1964 où il prononça son discours à l’ONU contre l’impérialisme américain en Amérique du Sud, le film prend une dimension documentaire qui sublime le biopic.
Un destin épique qui ne pouvait de se retrouver un jour au cinéma. A la vision politique de cette aventure s’ajoute la vision humaine d’un homme hors du commun avec des convictions qui ont traversé l’Histoire. Comment cet homme, avec une volonté telle a su relever tous ces défis physiques et mentaux à la fois pour se révéler comme un leader et mener un peuple grâce à son aura jusqu’au renversement du régime en place ? Entre les passages de doute et de faiblesse humaine, le film alterne des scènes de batailles qui sont superbement retranscrites avec une vérité et une crédibilité frappante.
Efficace, intimiste, modeste : ce film est un chef-d’œuvre
Réalisé par Steven Soderbergh
Avec Benicio Del Toro, Demian Bichir, Santiago Cabrera
Ayant les deux films en une seule et magique soirée, je vais tout de même tenter ici d’en parler séparément. Mais que dire ? Comment organiser sa pensée ? Car il y aurait tellement de choses à écrire sur l’homme avant même de parler du film.
Un peu d’histoire tout d’abord. En 1952, par un putsch, Batista s'empare du pouvoir à Cuba. Face à lui, un jeune avocat nommé Fidel Castro tente de passer à l’action pour provoquer un soulèvement populaire. L'opération échoue. Castro passe deux ans en prison. Amnistié en 1955, il s'exile à Mexico. C’est là-bas, dans un sordide appartement, que le 13 juillet 1955, il rencontre par le biais de son frère, un jeune Argentin idéaliste nommé Ernesto Guevara, qui s’est distingué pour s’être politiquement engagé avec un groupuscule révolutionnaire cubain. La rencontre discrète, mais historique, car on connait la suite. Ce soir là, le Che (c’est comme ça que les Cubains surnommeront cet Argentin) se voit confier une opération de guérilla en vue de renverser Batista. De son côté, Castro embarque pour Cuba avec 80 rebelles. Mais après l’échec de l'offensive, ceux qui ont pu s’en échapper (seulement douze hommes) se réfugient dans la Sierra Maestra et déclarent solennellement la "guerre totale" à Batista. La résistance s'intensifie et gagne toute l'île. Jusqu’au 1er janvier 1959 : les rebelles célèbrent leur victoire à Santa Clara, le dictateur s'enfuit.
Le premier volet se termine sur cette victoire incroyable. On est ému, sous le choc. La réalité des faits et de leur adaptation à l’écran laissent admirateur. On vient de revivre la révolution cubaine avec le Che. C’est lui, vraiment. Benicio del Toro est tout simplement extraordinaire. Il n’incarne pas, il est le Che. C’est tout justement qu’il a reçu pour sa performance le Prix de la Meilleure interprétation masculine au Festival de Cannes 2008. Au-delà des scènes de guérilla, le film puise toute sa force et sa crédibilité dans les instants de vie. Les crises d’asthme de Guevara font mal au cœur et aux poumons. On souffre avec lui tant l’ambiance sauvage de la jungle nous oppresse. Le tournage avec de la lumière naturelle augment cette impression. C’est fort, très fort. Entrecoupé par quelques scènes illustrant le voyage du Che à New-York en 1964 où il prononça son discours à l’ONU contre l’impérialisme américain en Amérique du Sud, le film prend une dimension documentaire qui sublime le biopic.
Un destin épique qui ne pouvait de se retrouver un jour au cinéma. A la vision politique de cette aventure s’ajoute la vision humaine d’un homme hors du commun avec des convictions qui ont traversé l’Histoire. Comment cet homme, avec une volonté telle a su relever tous ces défis physiques et mentaux à la fois pour se révéler comme un leader et mener un peuple grâce à son aura jusqu’au renversement du régime en place ? Entre les passages de doute et de faiblesse humaine, le film alterne des scènes de batailles qui sont superbement retranscrites avec une vérité et une crédibilité frappante.
Efficace, intimiste, modeste : ce film est un chef-d’œuvre
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