
2008
Réalisé par Jean Becker
Avec Albert Dupontel, Marie-Josée Croze, Pierre Vaneck
En un week-end, Antoine, père de famille heureux, mari épanoui, ami fidèle, envoie littéralement chier tout son petit monde : son bonheur, sa famille, ses amis. Tous en prennent pour leur grade et ont droit à leurs quatre vérités. Etrange.
On est d’abord intrigué. Que s'est-il passé pour qu'il change si brusquement de comportement ? On sourit tout en étant gêné. Il nous bouscule tout autant qu’il bouscule ses camarades. On est déstabilisé même, par la façon d’être de ce type qui envoie tout balader en deux jours. Une vérité tellement crue et prononcée avec tant de sincérité qu’elle nous fait sourire. Ce que personne n’ose dire tout pas à ses proches, ses enfants, ses amis, sa femme, lui ose. On retrouve des clichés tellement vrais énoncés au grand jour. Fini de jouer. La vie, la vérité, la conscience tranquille : voilà ce qui l’importe. La critique sociale est forte.
Je pense qu’il n’y avait que Dupontel pour pouvoir jouer aussi bien ce rôle. Ca lui va tellement bien, lui l’acteur et l’ancien comique trash, barré, charismatique, crédible et décalé. Ici il joue à merveille.
Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas friant du cinéma français d’aujourd’hui qui selon moi se résume à de bonnes (et drôles) comédies et à des drames sur les crises existentielles des générations de papa et maman se regardant vieillir et voyant leur enfant grandir et leur libido baisser… Je suis peut-être dur, je me mets peut-être des gens à dos, certains films contredisent ceci et je le sais, mais la tendance générale du cinéma français d’aujourd’hui est là (allez voir « Le Code a changé » ou « Tellement proches », deux exemples parlant sortis récemment). Ca fait plaisir de voir de temps en temps un film français qui me scotche. Et celui-là en est un.
Et puis en fond, un texte de Serge Reggiani vient appuyer la force poignante du destin de ce père de famille. Une association qui ne peut que toucher toute personne normalement constituée d’une conscience et d’un cœur. C’est beau !
Un film fort, émouvant : humain.
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