
2009
Réalisé par Michel Hazanavicius
Avec Jean Dujardin, Louise Monot, Alex Lutz
Après Le Caire, notre agent secret français préféré débarque à Rio pour une nouvelle mission et une aventure tout aussi déjantée que la première et avec un humour avec plus corrosif. Attention, fous rires malsains en vue !
Lancé sur les traces d'un microfilm compromettant pour l'Etat français, OSS 117 va devoir faire équipe avec la séduisante lieutenant du Mossad pour capturer un nazi maître chanteur. Voilà le topo. Assis sur le succès du premier et sur ses bases rétro, l’équipe du film y va encore plus à fond et se lâche. Le nombre de répliques cinglantes et les scènes à mourir de rire auxquelles nous avons droit ici avec notre Jeannot national. « L’amicale des anciens nazis », le crocodile à la broche, « les boules de Noël », Robin des Bois, les hippies au bord de l’eau, « la France du général De gaulle » et j’en passe.
Et puis qui d’autres que les nazis pour incarner ce grand méchant sur le déclin en quête de renaissance et de vengeance. Toujours là après le premier volet, ils en prennent encore plus pour leur grade. C’est facile mais efficace. L’humour est corrosif, parfois même douteux et ne fera pas sourire toutes les générations dans le public mais c’est justement par ce côté osé, gros, crétin que le film se sublime. Les nazis, les femmes, Israël, les juifs, les chinois, les hippies : tout le monde y passe. On rit jaune. Mais c’est tellement culoté qu’il n’y a que dans la bouche de cet agent nationaliste, rétro, conservateur et machiste que ces blagues passent comme une lettre à la Poste. L’autocritique est forte. Le monde change mais pas Hubert Bonisseur de la Bath. Resté lui-même, toujours différent selon les époques mais toujours aussi désopilant, avec ses mimiques d’ahuri, il enchaine les bourdes qui emmène le film d’un endroit à l’autre. Des plages ensoleillées de Rio aux luxuriantes forêts amazoniennes, des plus profondes grottes secrètes au sommet du Christ du Corcovado, le dépaysement est total pour l’agent incarné par Jean Dujardin, qui au passage semble toujours autant s’éclater à jouer ce rôle. Après la France de Coty, celle de De Gaulle a du avoir les oreilles qui sifflent. C’est politiquement incorrect mais c’est drôle alors tant pis !
Le style visuel génial donné au film, encré comme il faut dans les années soixante-dix, lui confère encore plus d’humour et d’efficacité. Donc vous l’aurez compris : plus drôle, plus insolent, plus impertinent, plus parodique, plus burlesque, plus libéré et donc plus « borderline » que le premier volet, le film détonne pour notre plus grand plaisir. Tout juste excellent.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire