L'Armée des 12 singes



1995
de Terry Gilliam
avec Bruce Willis, Madeleine Stowe, Brad Pitt

En attendant l’arrivée prochaine sur nos écrans de ce cher Docteur Parnassus dont j’attends beaucoup, petit retour sur un des films de « l’américain des Monty Python » que j’apprécie particulièrement (avec « Brazil » aussi) : « L’Armée des 12 singes ».


Donc, topo : Année 2035. Après la propagation d’un virus mortel (cinq milliards de victimes), la surface du globe n’est peuplée que d’animaux et de végétaux. Les quelques humains ayant survécus sont contraints de vivre sous terre. Des scientifiques mettent alors en place plusieurs voyages dans le temps dans le but de découvrir les causes de la catastrophe et la prévenir. En cause, une dénommée Armée des 12 singes. Un prisonnier, James Cole (Bruce Willis) est désigné et accepte de retourner dans le passé. Cette mission sera pour lui le moyen de peut-être trouver la clé et par la même occasion le moyen d’élucider un rêve incompréhensible qui l’obsède depuis plusieurs années.

Voilà, le contexte est posé. Adapté d’un court-métrage intitulé « La Jetée », ce film nous plonge dans les méandres du temps et de l’esprit. Difficile à suivre mais tellement prenant. Projeté dans le passé, James Cole est pris pour un fou annonçant l’Apocalypse. En tant que spectateur, on devient fou également à force d’essayer de reconstruire ce puzzle dont les pièces nous manquent. Les méninges travaillent, il faut être attentif à chaque détail. On suit la mission de ce prisonnier selon les époques, et on découvre les clés de l’intrigue lentement. Il faut toute sa concentration pour suivre cette énigme.
On connait le réalisateur pour la capacité à faire passer des messages dans ses films ; et à dénoncer par le fantastique les mœurs de la société actuelles. « L’Armée des 12 singes » ne déroge pas à la règle et tout ça passe à merveille car cela est traité sous thème de la folie. Leitmotiv omniprésent, Terry Gilliam le retranscrit à merveille. La folie par opposition à la raison est marginalisée. Que ce soit par le jeu des acteurs (je me répète sans doute mais Brad Pitt est tellement génial quand il joue des allumés !), que ce soit par l’atmosphère gris-orangé pesant, que ce soit par des mouvements de caméra psychédéliques et des angles de prise de vue dérangés : tout est mis en œuvre pour perturber le cadre spatio-temporel. On suit la moindre piste avec le héros. Parfois cela mène nulle part ; parfois non. Comme lui, on perd la tête, si tout cela est bien vrai. On ne sait plus si l’on a compris ou non. Il faut attendre la toute fin pour avoir la solution. Gilliam tel un chef d’orchestre gère sa partition et déroule son art avec aisance. Génial !

Avant de conclure, et comme à chaque fois que je le vois, je ne peux m’empêcher de faire partager une idée qui me perturbe par rapport au film. Ce n’est qu’une remarque parmi tant d’autres (car il y aurait beaucoup à dire) mais dites-moi si je e suis pas fou ! Je pense que l’histoire est amenée à se répéter sans cesse, en boucle vu qu’à chaque fois, l’enfant grandira, l’épidémie aura lieu et sera envoyé dans le passé… Et ainsi de suite, un éternel recommencent. J’aimerais développer davantage mais je ne veux rien révéler à ceux qui ne l’ont pas encore vu. Donc j’espère que les autres, vous m’auraient compris. Allez-y, le débat est ouvert.

« L’Armée des 12 singes » : un classique de la science-fiction, un de mes films préférés. A voir obligatoirement !


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