
2008
de Jean-Francois Richet
avec Vincent Cassel, Cécile de France, Ludivine Sagnier, Gérard Depardieu, Gilles Lelouche, Mathieu Amalric, …
Une seule critique pour un projet longtemps repoussé : la vie de Jacques Mesrine. Elle prend enfin forme au cinéma dans un diptyque noir, tortueux et extrêmement réaliste. Deux films pour retracer ce destin incroyable. Faites entrer l’accusé, j’ouvre le dossier.
Toujours considéré à l'heure actuelle comme le dernier grand hors-la-loi, la France des années 70 se souvient de Jacques Mesrine pour ses braquages, ses enlèvements, ses joutes verbales avec la justice, et ses évasions multiples. Mais plus que les faits, c’est avant tout sa personnalité qui fascine et qui donne toute sa puissance au biopic. D’un côté, il y a Docteur Jacques : homme loyal, de parole, révolté contre la société, désireux de vivre et de ne pas se faire mater par les mœurs, hédoniste, amoureux, humaniste, aimant la vie et les gens. Et de l’autre, il y a Mister Mesrine : homme imbu de sa personne, charismatique et audacieux, à la recherche de gloire et d'argent, tueur raciste, machiste, beauf, sans limite. Une double personnalité qui dérange tout autant qu’elle fascine, un homme violent de nature torturé par des démons intérieurs : tel était Mesrine.
Et pour incarner ce bad guy qui brave la loi et l'ordre, qui d’autre que Vincent Cassel ?! Personne ne semblait à la hauteur de cet homme, si ce n’est lui (à l’époque des premiers projets, c’est Bebel qui avait été contacté). Energique, séducteur, sombre : une évidence. Car Cassel a fait ses preuves (« La Haine », « Blueberry », « Les Promesses de l'ombre », « Sheitan », « Irréversible », « Le pacte des loups »). Même s'il avoue avoir pris beaucoup de recul pour ne pas se "perdre" dans son personnage, le fait est que Vincent Cassel incarne véritablement Jacques Mesrine, et sa prise de poids (20 kilos) est impressionnante. La récompense aux Césars n’en est qu’une juste récompense. A ses côtés, un casting haut de gamme est habilement réparti sur les deux volets du diptyque. Citons à la volée Elena Anaya, Cécile de France, Ludivine Sagnier, Olivier Gourmet, Gérard Depardieu, Gilles Lelouche, Roy Dupuis, Mathieu Amalric, Samuel Le Bihan et Gérard Lanvin... Des choix clinquants mais efficaces, dirigés de main de maitre par un réalisateur inspiré, sobre, qui respecte à merveille les codes du genre.
Cela donne lieu à des scènes et des dialogues extraordinaires entre Cassel et ses camarades. Les deux volets sont d’une intensité troublante. Mêlant action et dramaturgie, ils nous délivrent les bribes d’une vie épique. Bien documentés, nerveux, soignés, ils nous accrochent à l'homme et au gangster, à sa complexité. On y voit un humain monstrueux (jolie oxymore clem !), tout est fait pour éviter de le rendre héroïque. Si l’on ressent parfois de l’empathie à son sujet, le film nous rappelle sa haine et sa violence gratuite. Un seul film aurait été trop court pour raconter un tel destin. Le choix d’un diptyque s’imposait logiquement. Alors que le premier volet pose les bases de la légende Mesrine, le second permet à tous ceux comme moi qui n’ont pas vécu à son époque, de mieux prendre la mesure politique, médiatique et historique de l’homme. Le récit prend le temps d’installer le personnage. On comprend comment le jeune homme revenu d'Algérie, méprisant son père, se fait enrôler dans la petite mafia parisienne et commence avec cran à se faire un nom. De l'Algérie au Canada, en passant par l'Espagne, l'Angleterre, la France bien sur et les Etats-Unis, on le suit dans ses aventures musclées et haletantes : Bravo !
Voilà, je ne voulais pas traiter ces deux films séparément mais plutôt revenir sur le diptyque et sur une vie hors du commun. Langmann, Dafri, Richet et Cassel réussissent leur pari. Tout s’imbrique à merveille pour révéler la part d'ombre et de lumière : le salaud cruel et l'homme qu'on admire. Je peux donc l’affirmer en conclusion : ce biopic est une nouvelle référence de très très bonne facture dans les films de gangsters à la française. Ca fait énormément plaisir !
avec Vincent Cassel, Cécile de France, Ludivine Sagnier, Gérard Depardieu, Gilles Lelouche, Mathieu Amalric, …
Une seule critique pour un projet longtemps repoussé : la vie de Jacques Mesrine. Elle prend enfin forme au cinéma dans un diptyque noir, tortueux et extrêmement réaliste. Deux films pour retracer ce destin incroyable. Faites entrer l’accusé, j’ouvre le dossier.
Toujours considéré à l'heure actuelle comme le dernier grand hors-la-loi, la France des années 70 se souvient de Jacques Mesrine pour ses braquages, ses enlèvements, ses joutes verbales avec la justice, et ses évasions multiples. Mais plus que les faits, c’est avant tout sa personnalité qui fascine et qui donne toute sa puissance au biopic. D’un côté, il y a Docteur Jacques : homme loyal, de parole, révolté contre la société, désireux de vivre et de ne pas se faire mater par les mœurs, hédoniste, amoureux, humaniste, aimant la vie et les gens. Et de l’autre, il y a Mister Mesrine : homme imbu de sa personne, charismatique et audacieux, à la recherche de gloire et d'argent, tueur raciste, machiste, beauf, sans limite. Une double personnalité qui dérange tout autant qu’elle fascine, un homme violent de nature torturé par des démons intérieurs : tel était Mesrine.
Et pour incarner ce bad guy qui brave la loi et l'ordre, qui d’autre que Vincent Cassel ?! Personne ne semblait à la hauteur de cet homme, si ce n’est lui (à l’époque des premiers projets, c’est Bebel qui avait été contacté). Energique, séducteur, sombre : une évidence. Car Cassel a fait ses preuves (« La Haine », « Blueberry », « Les Promesses de l'ombre », « Sheitan », « Irréversible », « Le pacte des loups »). Même s'il avoue avoir pris beaucoup de recul pour ne pas se "perdre" dans son personnage, le fait est que Vincent Cassel incarne véritablement Jacques Mesrine, et sa prise de poids (20 kilos) est impressionnante. La récompense aux Césars n’en est qu’une juste récompense. A ses côtés, un casting haut de gamme est habilement réparti sur les deux volets du diptyque. Citons à la volée Elena Anaya, Cécile de France, Ludivine Sagnier, Olivier Gourmet, Gérard Depardieu, Gilles Lelouche, Roy Dupuis, Mathieu Amalric, Samuel Le Bihan et Gérard Lanvin... Des choix clinquants mais efficaces, dirigés de main de maitre par un réalisateur inspiré, sobre, qui respecte à merveille les codes du genre.
Cela donne lieu à des scènes et des dialogues extraordinaires entre Cassel et ses camarades. Les deux volets sont d’une intensité troublante. Mêlant action et dramaturgie, ils nous délivrent les bribes d’une vie épique. Bien documentés, nerveux, soignés, ils nous accrochent à l'homme et au gangster, à sa complexité. On y voit un humain monstrueux (jolie oxymore clem !), tout est fait pour éviter de le rendre héroïque. Si l’on ressent parfois de l’empathie à son sujet, le film nous rappelle sa haine et sa violence gratuite. Un seul film aurait été trop court pour raconter un tel destin. Le choix d’un diptyque s’imposait logiquement. Alors que le premier volet pose les bases de la légende Mesrine, le second permet à tous ceux comme moi qui n’ont pas vécu à son époque, de mieux prendre la mesure politique, médiatique et historique de l’homme. Le récit prend le temps d’installer le personnage. On comprend comment le jeune homme revenu d'Algérie, méprisant son père, se fait enrôler dans la petite mafia parisienne et commence avec cran à se faire un nom. De l'Algérie au Canada, en passant par l'Espagne, l'Angleterre, la France bien sur et les Etats-Unis, on le suit dans ses aventures musclées et haletantes : Bravo !
Voilà, je ne voulais pas traiter ces deux films séparément mais plutôt revenir sur le diptyque et sur une vie hors du commun. Langmann, Dafri, Richet et Cassel réussissent leur pari. Tout s’imbrique à merveille pour révéler la part d'ombre et de lumière : le salaud cruel et l'homme qu'on admire. Je peux donc l’affirmer en conclusion : ce biopic est une nouvelle référence de très très bonne facture dans les films de gangsters à la française. Ca fait énormément plaisir !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire