Les Affranchis


1990
Réalisé par Martin Scorsese

Avec Ray Liotta, Robert De Niro, Joe Pesci, Lorraine Bracco, Paul Sorvino


"D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours rêvé d'être un gangster " : cette phrase retentit dans les esprits dès le début du film, et ceci juste après une scène d’introduction magistrale. On sent d’emblée que ce film risque fort d’être superbe ; et c’est le cas ! Cette voix, c’est celle d’Henry Hill (Ray Liotta), jeune siciliano-irlandais qui depuis sa plus tendre enfance, rêve d’appartenir à la Mafia. Adopté par le milieu dès son adolescence, il travaille pour le boss Paul Cicero. Il gagne rapidement beaucoup d’argent, à force de coups bien menés ; et est amené à travailler avec le charismatique Jimmy Conway (Robert de Niro), qu’il admire depuis ses débuts, et l’impulsif Tommy DeVito (Joe Pesci). Lucide, ambitieux, fidèle, réglo, mais mari infidèle, il monte dans la hiérarchie. Désirant mettre à profit ses talents, il gère un petit business parallèle. Mais dans ce monde où le silence est d’or, il va devoir apprendre à se méfier de tout le monde, même de ses amis…

Inspiré d'une histoire vraie et d’un roman de Nicholas Pileggi intitulé "Wiseguy", "Les Affranchis" est une formidable plongée dans le monde de la Mafia, un monde régi par des codes stricts. Une sorte de communauté aux rapports complexes, avec son respect ambiant, sa loi du silence. Tous appartiennent à une grande famille, et ils vénèrent l’argent. Ils le flambent, et à la moindre taquinerie usent des poings et des flingues (quand on pense que c’est inspiré d’une histoire vraie, on n’en a qu’encore plus froid dans le dos de voir la façon dont les gens se font dézinguer !). Le casting est fantastique : Ray Liotta en tête d'affiche décroche un rôle sur mesure qui le révèlera au grand public dans le monde entier. Il est tout de même moins charismatique que Robert de Niro, qui lui, est tout bonnement génial dans la peau de Jimmy Conway (élus 4ème plus grand gangster de l’Histoire du Cinéma, le 1er étant Tony Montana/Scarface, source Allociné) ; et enfin Joe Pesci oscarisé pour son rôle de caïd sans scrupules. Pour l’anecdote, certains fans se sont amusés à compter le nombre de fois où le mot « fuck » était prononcé en 2h15… Résultat : 246 fois !

Scorsese nous propose ici de découvrir le quotidien atypique de ceux qu’on appelle les affranchis, et sur fond de bons vieux titres rock, nous offre une histoire excellente, basée sur des dialogues savoureux, avec une voix-off obsédante et quelques « freeze-frames » (ces sortes de pauses photo), un procédé que je trouve génial. Du grand cinéma.



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